Scénario · mis à jour le 04/10/2026
Crise bancaire systémique
Les banques françaises, qui détiennent beaucoup de dette publique, subissent de lourdes pertes quand cette dette perd de la valeur. Fermetures temporaires, plafonds de retraits et ponction des dépôts deviennent possibles.
ÉpargnantRetraitéSalariéAgent publicPropriétaireIndépendant
Le scénario
Les banques françaises détiennent une part importante de la dette de l'État. Si cette dette perd brutalement de la valeur (hausse des taux, restructuration), leurs fonds propres fondent. Les déposants s'inquiètent et retirent leur argent, ce qui accélère la crise.
C'est la boucle fatale État-banques : l'État fragilise les banques, et il n'a plus les moyens de les sauver. Depuis 2016, les règles européennes (directive BRRD) imposent de faire payer d'abord les actionnaires, les créanciers et une partie des déposants (bail-in) avant tout argent public.
Comment la crise s'enchaîne
- 1
Chute de la valeur de la dette publique
Les taux des OAT s'envolent ou une restructuration est annoncée. Les obligations détenues par les banques perdent de la valeur.
- 2
Perte de confiance
Les actions bancaires s'effondrent, les agences dégradent les notes, les déposants et les entreprises commencent à retirer leurs fonds ou à les transférer à l'étranger.
- 3
Mesures d'urgence
Fermeture temporaire des banques (souvent annoncée un vendredi soir), plafonds de retraits aux distributeurs, limitation des paiements par carte à l'étranger, interdiction des virements hors de France.
- 4
Résolution et bail-in
Les autorités placent une ou plusieurs banques en résolution. Pertes imputées aux actionnaires, puis aux créanciers, puis aux dépôts au-delà de 100 000 €, convertis en actions ou annulés.
- 5
Indemnisation des dépôts garantis
Le Fonds de garantie des dépôts (FGDR) indemnise jusqu'à 100 000 € par personne et par banque. Ses ressources sont très inférieures au total des dépôts garantis : une crise de plusieurs grandes banques dépasserait ses capacités sans soutien public.
- 6
Sortie de crise lente
Les contrôles de capitaux sont levés progressivement, sur plusieurs années. Le crédit se raréfie et l'économie entre en récession.
Conséquences pour votre argent
comptes fort
Dépôts au-delà de 100 000 € par banque exposés au bail-in. En dessous, garantie FGDR, mais accès bloqué pendant la fermeture et indemnisation non immédiate.
livrets moyen
Livret A, LDDS et LEP bénéficient d'un plafond de garantie FGDR distinct de 100 000 €. Retraits soumis aux mêmes restrictions que les comptes en cas de fermeture.
assurance vie fort
Les assureurs détiennent aussi beaucoup d'obligations françaises et bancaires. Rachats bloquables jusqu'à six mois (loi Sapin 2). Garantie du FGAP limitée à 70 000 € par assuré et par assureur.
titres faible
Actions, obligations et ETF restent la propriété du client (ségrégation des actifs) et peuvent être transférés vers un autre établissement. Les espèces du compte-titres restent des dépôts exposés.
paiements fort
Cartes limitées, virements bloqués, distributeurs vides ou plafonnés. Les commerçants peuvent exiger du liquide.
credits moyen
Les crédits en cours restent dus et ne sont pas annulés par la faillite de la banque. Les nouveaux crédits deviennent rares et chers.
immobilier moyen
Raréfaction du crédit, donc baisse des transactions et des prix.
Exemples historiques
Chypre · 2013
Fermeture des banques pendant près de deux semaines. À Bank of Cyprus, 47,5 % des dépôts au-delà de 100 000 € convertis en actions. Laiki Bank liquidée. Contrôle des capitaux pendant deux ans.
Grèce · 2015
Banques fermées trois semaines, retraits limités à 60 € par jour, virements vers l'étranger interdits. Contrôle des capitaux levé totalement seulement en 2019.
Islande · 2008
Faillite des trois grandes banques. Contrôle des capitaux pendant près de neuf ans, forte dévaluation de la couronne.
Signaux d'alerte
- Chute marquée et durable des actions des grandes banques françaises
- Hausse des CDS (coût de l'assurance contre le défaut) des banques françaises
- Dégradation des notes des banques par les agences
- Écart OAT-Bund en forte hausse
- Déclarations officielles rassurantes répétées sur la solidité des banques
- Restrictions informelles : virements importants retardés, demandes de justificatifs inhabituelles
Les outils de l'État mobilisables
Fiches en cours de publication.
Comment se protéger
Fiches en cours de publication.
Textes de référence
Information générale, ni prévision ni conseil personnalisé. Vérifiez les éléments auprès des sources citées.
