Précédent historique · mis à jour le 04/10/2026
Liban 2019 : les dépôts gelés
Retraits bloqués sans base légale, dépôts en dollars remboursés avec une forte décote, livre libanaise effondrée.
ÉpargnantRetraité
- Parité officielle d'avant-crise
- 1 507,5 livres pour 1 dollar
- Perte de valeur de la livre
- Plus de 95 %
- Premier défaut sur la dette en devises
- Mars 2020
Chronologie
2019-10
Manifestations ; les banques ferment environ deux semaines puis rouvrent avec des restrictions informelles.
2020-03
Le Liban fait défaut sur ses obligations en devises pour la première fois de son histoire.
2020-08
Explosion du port de Beyrouth.
2020-2023
Les dépôts en dollars ne peuvent être retirés qu'en livres, à des taux très inférieurs à celui du marché.
Ce qui est arrivé aux ménages
Au Liban, les banques ont bloqué les dépôts sans qu'aucune loi ne l'autorise. Les épargnants ne pouvaient retirer que de petites sommes. Leurs dollars, devenus des « lollars », n'étaient remboursés qu'en livres libanaises à un taux très défavorable, avec une perte souvent supérieure aux trois quarts.
La livre a perdu plus de 95 % de sa valeur. L'épargne de toute une génération, investie dans les banques libanaises qui prêtaient à l'État, a disparu.
Ce qui a protégé
- Les dollars en billets conservés chez soi
- Les comptes ouverts à l'étranger
- L'immobilier et l'or
Ce qui n'a pas protégé
- Les dépôts en dollars dans les banques libanaises
- Les obligations de l'État
- La confiance dans des taux d'intérêt élevés offerts par les banques
Ce que cela enseigne pour la France
Le Liban montre que le contrôle des capitaux peut être informel : les banques bloquent sans base légale, et les recours sont longs. Il illustre aussi la boucle entre un État surendetté et des banques qui le financent avec l'épargne des déposants.
