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Grèce 2010-2015 : austérité, restructuration et contrôle des capitaux
Pensions réduites à plusieurs reprises, restructuration de la dette, banques fermées trois semaines en 2015.
RetraitéAgent publicSalariéÉpargnant
- Décote de la restructuration de 2012
- Environ 53 % du nominal
- Retraits autorisés en 2015
- 60 € par jour
- Recul du PIB 2008-2013
- Environ 25 %
- Chômage en 2013
- Plus de 27 %
Chronologie
2009-10
Le nouveau gouvernement révèle un déficit bien supérieur à celui annoncé.
2010-05
Premier programme d'aide de l'UE et du FMI (110 milliards d'euros) en échange de l'austérité.
2012-03
Restructuration de la dette détenue par le privé (PSI) ; second programme d'aide.
2015-06-29
Fermeture des banques et contrôle des capitaux : 60 € par jour.
2015-07-05
Référendum : le « non » l'emporte, mais le gouvernement signe un troisième programme.
2015-08
Troisième programme d'aide (86 milliards d'euros).
2018-08
Fin des programmes ; surveillance renforcée.
2019-09
Levée complète du contrôle des capitaux.
Ce qui est arrivé aux ménages
La crise grecque est l'exemple le plus complet de ce qui peut arriver aux ménages d'un pays de la zone euro :
- pensions réduites à plusieurs reprises et suppression des 13e et 14e mois ;
- salaires publics baissés et effectifs réduits ;
- TVA portée à 23 % puis 24 %, création d'une taxe foncière annuelle sur tous les biens immobiliers ;
- caisses de retraite fortement touchées par la restructuration, car elles détenaient des obligations grecques ;
- banques fermées trois semaines en 2015 et retraits plafonnés pendant des mois.
La Grèce n'est pas sortie de l'euro et les dépôts sous 100 000 € n'ont pas été ponctionnés. Les ménages ont payé par leurs revenus, leurs impôts et la récession.
Ce qui a protégé
- Les comptes ouverts dans d'autres pays de la zone euro avant 2015
- Les revenus indépendants de l'État
- Les actifs internationaux
- Les compétences permettant de travailler à l'étranger
Ce qui n'a pas protégé
- Les pensions et salaires publics
- Les obligations grecques détenues en direct ou par les caisses de retraite
- L'immobilier, taxé et en forte baisse
- Attendre la fermeture des banques pour déplacer son argent
Ce que cela enseigne pour la France
Pour la France, la Grèce illustre le scénario de mise sous tutelle : la crise ne se joue pas en un week-end mais sur près de dix ans, et ce sont les revenus publics, les impôts et l'emploi qui paient l'essentiel.
