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Argentine 2001-2002 : corralito et pesification
Retraits plafonnés, défaut de l'État, puis conversion forcée des dépôts en dollars en pesos dévalués.
ÉpargnantRetraitéSalarié
- Retraits autorisés
- 250 pesos par semaine
- Taux de conversion des dépôts en dollars
- 1,40 peso pour 1 dollar
- Cours du dollar mi-2002
- Environ 3,9 pesos
- Taux de pauvreté en 2002
- Plus de 50 %
Chronologie
1991
Loi de convertibilité : 1 peso = 1 dollar.
2001-12-01
« Corralito » : retraits limités à 250 pesos par semaine, virements à l'étranger restreints.
2001-12-20
Émeutes ; le président De la Rúa démissionne.
2001-12-23
L'Argentine suspend le paiement de sa dette extérieure.
2002-01
Fin de la convertibilité, dévaluation du peso ; dépôts à terme gelés (« corralón »).
2002-02
« Pesification » : dépôts en dollars convertis à 1,40 peso, dettes à 1 pour 1.
2005
Restructuration de la dette avec une forte décote pour les créanciers.
Ce qui est arrivé aux ménages
Les Argentins avaient massivement épargné en dollars dans les banques argentines, pensant être protégés. Ils ont d'abord vu leurs retraits plafonnés, puis leurs dollars convertis de force en pesos à 1,40, alors que le peso s'effondrait à près de 4 pour un dollar : plus de la moitié de la valeur en dollars a disparu.
Les salaires et les pensions ont été rattrapés par l'inflation. La pauvreté a dépassé la moitié de la population en 2002. Une partie des salaires publics avait été payée en bons provinciaux (« patacones ») dès 2001.
Ce qui a protégé
- Les dollars en billets conservés hors des banques
- Les comptes ouverts à l'étranger avant la crise
- L'immobilier et les biens réels
- Les dettes en pesos, allégées par la dévaluation
Ce qui n'a pas protégé
- Les dépôts en dollars dans les banques argentines, convertis de force
- Les obligations de l'État argentin
- Les dépôts à terme, gelés pendant des mois
- Les revenus fixes non indexés
Ce que cela enseigne pour la France
L'Argentine montre qu'une épargne en devise forte ne protège pas si elle reste dans le système bancaire national : la loi peut la convertir. En France, une sortie de l'euro poserait le même problème pour tous les avoirs en euros détenus dans des banques françaises.
