Précédent historique · mis à jour le 04/10/2026
Allemagne 1923 et 1948 : l'épargne effacée deux fois
Hyperinflation en 1923, réforme monétaire en 1948, puis prélèvement de 50 % sur les patrimoines étalé sur 30 ans.
ÉpargnantPropriétaireRetraité
- Cours du dollar en novembre 1923
- 4 200 milliards de marks
- Conversion de 1923
- 1 rentenmark = 1 000 milliards de marks
- Conversion de l'épargne en 1948
- Environ 6,5 deutsche marks pour 100 reichsmarks
- Prélèvement de 1952
- 50 % du patrimoine de 1948, payable sur 30 ans
Chronologie
1923
Hyperinflation : les prix doublent en quelques jours ; l'épargne en marks disparaît.
1923-11
Création du rentenmark ; fin de l'hyperinflation.
1948-06-20
Réforme monétaire : création du deutsche mark ; l'épargne est convertie à un taux très défavorable, les salaires et les loyers à 1 pour 1.
1952
Loi de « péréquation des charges » : prélèvement de 50 % sur les patrimoines, payable en 30 ans, pour indemniser les victimes de la guerre.
Ce qui est arrivé aux ménages
Deux fois en vingt-cinq ans, les épargnants allemands ont perdu leur épargne en monnaie.
En 1923, l'hyperinflation a anéanti livrets, obligations et pensions, tandis que les emprunteurs et les propriétaires de biens réels s'en sortaient.
En 1948, la réforme monétaire a converti les avoirs bancaires à environ 6,5 %, alors que les salaires, les loyers et les prix étaient convertis à 1 pour 1. En 1952, un prélèvement de 50 % sur le patrimoine existant en 1948, y compris immobilier, a été instauré, payable sur 30 ans.
Ce qui a protégé
- Les biens réels : immobilier, terres, entreprises, or
- Les dettes en marks, effacées par l'inflation
- Les devises étrangères
Ce qui n'a pas protégé
- L'épargne bancaire et les obligations
- Les pensions et rentes fixes
- L'immobilier face au prélèvement de 1952, malgré sa résistance à l'inflation
Ce que cela enseigne pour la France
L'Allemagne montre que les actifs réels résistent à la monnaie mais pas forcément à l'impôt : en 1952, le prélèvement a touché aussi l'immobilier. Une conversion monétaire peut traiter différemment l'épargne et les revenus.
